MISSIONNAIRE DANS L ‘ÄME: Témoignage de Streit Johanna

Depuis 2023, le COPAC s’est imposé comme une référence en matière de formation au safeguarding, avec une approche du bien-être à la fois holistique, systémique et enracinée dans les réalités culturelles. Ses sessions se déploient aujourd’hui dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique de l’Ouest, en étroite collaboration avec les religieuses locales et grâce au soutien de Missio Aachen.

Une  expérience m’a marquée dans la collaboration avec les membres de l’équipe de Missio Aachen. Je les perçois spontanément comme des religieuses ou des religieux, alors même que l’équipe est composée à 97 % de laïcs. En fait, leur engagement dans la mission, leur sensibilité à la souffrance humaine et leur investissement total pour permettre à l’Église d’être vraiment une Eglise en sortie me conduisent naturellement à les percevoir comme des missionnaires religieux.  Missionnaires, ils le sont dans l’âme et réellement.

Dans cette interview, vous découvrirez, à travers le témoignage de Johanna, comment l’engagement dans l’œuvre humanitaire de l’Église catholique relève d’une vocation missionnaire bien plus que d’une simple profession.

  1. Chère Johanna, nous sommes heureux de vous avoir accueillie au COPAC comme observatrice lors de la formation certifiante que nous avons organisée pour des jeunes religieuses sur le Safeguarding, le bien-être et l’épanouissement vocationnel. Merci également d’avoir accepté cette interview. Pouvez-vous vous présenter brièvement et nous parler de votre parcours personnel et professionnel ?

Tout d’abord, merci beaucoup pour l’invitation et pour l’opportunité de participer à cette formation en tant qu’observatrice. Je m’appelle Johanna et je suis responsable du département Safeguarding chez Missio Aachen. Missio Aachen est une association basée en Allemagne qui soutient des projets de l’Église en Afrique, en Asie et en Océanie.

Mon travail consiste à accompagner nos partenaires – en particulier les religieux et les religieuses, mais aussi les prêtres et les évêques – sur les questions de bien-être et de protection dans leur mission. J’ai étudié les relations internationales, puis j’ai obtenu un master en études sur la paix et les conflits. Avant de rejoindre Missio en 2022, j’ai brièvement travaillé dans le domaine du renforcement des droits des personnes vulnérables en Allemagne.

  1. Qu’est-ce qui a motivé votre engagement au sein de l’équipe de Missio Aachen ?

Pour moi, cet engagement repose sur deux motivations principales. La première est liée à mon parcours académique : je me suis spécialisée sur les violences basées sur le genre, ce qui m’a naturellement conduite à vouloir m’engager en faveur des femmes, y compris des religieuses.

La seconde motivation vient de mon expérience quotidienne : je constate que les religieuses accomplissent un travail remarquable à travers le monde, notamment dans le domaine social. Pourtant, elles reçoivent souvent peu de reconnaissance. Leur bien-être est rarement pris en compte, alors qu’il est essentiel pour leur mission et leur engagement. Il est donc important d’en parler et de le valoriser.

  1. Vous travaillez dans le département Safeguarding, avec une attention particulière aux religieuses. Au regard de votre expérience internationale, quels sont les principaux défis que vous observez aujourd’hui concernant la protection et le bien-être des religieuses dans l’Église ?

À mon avis, il existe trois défis majeurs, étroitement liés entre eux.

Le premier est le manque d’expertise dans ce domaine : il y a encore trop peu d’experts, de formateurs et de personnes capables d’accompagner les religieuses, notamment les victimes d’abus.

Le deuxième concerne directement la situation des religieuses en souffrance : vers qui peuvent-elles se tourner ? Comment peuvent-elles être accompagnées de manière adéquate et bénéficier d’un soutien  appropriés ?

Enfin, le troisième défi est d’ordre structurel : comment intégrer durablement les questions de bien-être dans la formation des jeunes religieuses ? Comment s’assurer que les supérieures majeures s’engagent sur le long terme et que les formations ne restent pas ponctuelles ? Ce sont des questions importantes auxquelles je ne peux pas encore apporter de réponses définitives.

  1. Vous venez de participer, comme observatrice, à une session de formation en Safeguarding avec de jeunes religieuses africaines organisée par le COPAC. Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans cette expérience et quels éléments vous semblent particulièrement importants pour l’avenir de ce type de formation ?

Ce qui m’a le plus marquée, c’est la force et la positivité des jeunes religieuses africaines. Malgré la complexité des sujets abordés, l’atmosphère est restée très joyeuse, et les participantes ont fait preuve d’une grande clarté dans leurs interventions.

Pour l’avenir, j’ai compris que l’approche centrée sur le bien-être est particulièrement pertinente. Il est également essentiel de proposer des méthodologies accessibles. J’ai été particulièrement impressionnée par l’utilisation d’images, de réflexions personnelles et par le travail autour de la signification de notions comme « bien-être » dans les langues locales.

  1. Dans votre mission, qu’est-ce qui vous apporte le plus de joie et de motivation ?

Ce qui me donne le plus de joie et de sens à ma vie, c’est de constater l’impact concret du travail mené par nos partenaires, notamment celui du COPAC et des formations animées par le P. Jean Messingue. Voir que les choses évoluent positivement est une grande source de satisfaction.

Je tiens d’ailleurs à exprimer ici ma profonde gratitude au Père Jean et à toute son équipe pour leur engagement remarquable.

  1. Quelles réalités ou situations vous touchent ou vous attristent le plus dans ce travail ?

Ce qui m’attriste le plus est la manière dont les victimes d’abus sont parfois traitées dans l’Église. Bien que ce ne soit pas le cas partout, il arrive malheureusement que ces personnes soient mal accompagnées, voire négligées.

Alors même qu’elles ont subi des épreuves très difficiles, elles ne reçoivent pas toujours le soutien dont elles auraient besoin.

  1. Pour conclure, quel message ou quelle espérance aimeriez-vous partager concernant la promotion d’une culture de protection, de bien-être et d’épanouissement dans l’Église ?

J’espère que le COPAC poursuivra son travail remarquable et pourra toucher encore davantage de personnes dans les années à venir. Nous avons besoin d’initiatives de ce type partout dans le monde.

J’espère également que d’autres institutions similaires verront le jour et seront soutenues, afin de promouvoir durablement une véritable culture de protection, de bien-être et d’épanouissement dans l’Église.

                                        Jean Messingué

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52 réponses

  1. Je dis merci beaucoup au père Jean , à Johanna et a toutes l’équipe de copac pour cette formation. Ca été vraiment très bénéfique pour nous et nous vous demandons de donner aussi cette même opportunité à d’autres religieux (ses) de pouvoir suivre cette session sur le bien-être.

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